3615 code Hockey!

Publié le par JulieH

  C'est une soirée comme les autres au Québec. Dehors, la neige tombe (enfin). Les températures plongent sous les -15°C, et c'est auprès d'une bonne flambée qu'on s'installe pour la prière (presque) quotidienne : le match de hockey. Car le hockey, ici, est une véritable religion. On vit "hockey", on mange "hockey", on rêve "hockey", et on discute "hockey" lors du repas, tandis que les émissions d'avant-match tournent en fond sonore.

  On vit hockey? Oui, le hockey fait partie du quotidien. Il n'est pas un jour qui se passe sans qu'on n'entende des nouvelles des joueurs de notre équipe favorite (en ce moment, un virus grippal circule dans les vestiaires). Évidemment, dans ce coin-ci du Québec, c'est le Canadien de Montréal qui est la vedette. C'est d'ailleurs un gros problème pour les joueurs, puisqu'ils sont de véritables stars épiées à chaque moment de leur vie. On sait donc que Cammalleri s'est éclipsé d'un match à cause d'une gastro fulgurante (je vous laisse imaginer l'impact d'une mise en échec sur votre système digestif sur l'intérieur de votre pantalon), que Laraque (qui ne joue plus pour nous) est devenu végétarien et bouddhiste, et que Kostitsyn est allé voir le coach dans son bureau il y a quelques jours (d'ailleurs, depuis, il marque, et c'est bon pour nous).

  Vedettes, certes, avec surtout les désagréments que ça peut apporter. Alors oui, c'est sûr, les joueurs ont la chance d'avoir un public en feu lorsqu'ils jouent au Centre Bell de Montréal, et l'ambiance est absolument folle quand on fait partie de la foule. D'ailleurs, le Canadien de Montréal bénéficie d'une certaine aura qui fait que les petits nouveaux sont ravis d'arriver là, parce que c'est un rêve pour eux. Mais le rêve se transforme facilement en cauchemar, justement parce que le public est avide d'informations, et est à l'affût de la moindre nouvelle. Les journalistes épluchent consciencieusement les faits et gestes de chacun. Dernièrement, la polémique autour d'un geste de Price, le gardien, qui, fier et heureux d'avoir goalé comme un dieu, a manifesté sa joie, a fait la une des journaux. Il y a deux ans, le scandale tournait autour du fait que certains joueurs sortaient dans les bars jusque tard dans la nuit. Sans compter sur les multiples forums où les partisans, jamais contents même après une série de 5 victoires, critiquent à tout va. Au final, on se sent un peu pris dans le mouvement... et on se met à critiquer aussi. Subban ne devrait pas jouer en 3e période, il cafouille à chaque fois ; le coach ferait bien de mettre ses ressentiments de côté pour renvoyer tel joueur sur la patinoire ; échanger ce joueur contre un choix de 5e rang en 2012, c'est quoi cette folie? Et finalement, ce qui se passe sur une patinoire finit en discussion entre le potage et le rôti d'orignal.

IMG 4335  Le hockey est donc partout. Dans les nouvelles du journal, à la télé, à la radio, mais aussi divers objets du quotidien : textiles (qui n'a pas  son chandail?), bics, affiches, tuques, grille-pain (mon cadeau de Noël (1), merci maman Noël!), etc etc. Le hockey est un sujet de discussion brûlant, qu'on aborde en sachant pertinemment qu'on s'expose à des prises de bec, et il est évident qu'il s'invite à table. Bref, une fois que la saison démarre, on bouffe du hockey en tabarnak!

   On rêve? Oui, on rêve. Parce qu'à force d'en parler, de les voir jouer et d'écouter les nouvelles, on s'attache à cette équipe. On connait les blessures des joueurs et on suit leur rééducation, on remarque aussi quel est le bon joueur qui, probablement à cause d'un désaccord avec le coach, est laissé sur le banc. On est triste de voir un joueur être échangé à une autre équipe, mais on est ravi de savoir que ce changement lui est bénéfique et qu'il connait une excellente saison, loin de Montréal. Et puis on rêve. On rêve de victoires, de classement d'enfer, et on rêve surtout à la coupe Stanley, le saint Grââl de tout bon joueur. Et même si, finalement, l'équipe se plante en plein milieu des séries (les non-initiés peuvent traduire ça par un championnat très important), qu'elle est éliminée, et qu'on est déçus, on peut prendre le temps de se remémorer la saison, les beaux jeux, les frayeurs, les matchs qui nous ont tenus en haleine et les commentaires des journalistes, qui manquent souvent de pertinence. 

  Je pourrais parler de hockey toute la nuit, si un 4e joueur du CH n'avait été blessé dans le match qui se déroule en ce moment. Je crois qu'ils ont besoin des encouragements d'une belge qui, depuis quatre ans maintenant, suit leurs aventures, avec les mêmes rêves, les mêmes espoirs, les mêmes déceptions et les mêmes joies que connaissent les partisans d'une équipe. Je suis une fière partisane du Canadien de Montréal, bonsoir!


 

(1) Si vous pensez un instant que cet article est écrit simplement pour me vanter de mon super grill-pain qui me sort des tartines grillées avec le logo du CH, vous m'avez démasquée. Félicitations!

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Amélie (Zoëlina) 25/01/2011 02:06



Je ne puis, ma foi, que t'approuver. La fièvre du hockey prend sans prévenir, et à une vitesse record. Les Canadiens sont, quoi qu'il advienne, la meilleure équipe de tous les temps, ils vont
exploser ces maudits Flyers mardi, et Gionta est le plus adorable pin's qui puisse exister !


(et le 2 février on va au Centre Bell pour les voir jouer contre les Panthers hihi ^.^ Je suppose que vous irez un jour prochainement !)



JulieH 25/01/2011 04:24



On a des billets pour le 22 mars, contre cette bande de faux joueurs de Buffalo ^^ Bon, je penserai à vous le 2 en regardant le match à la télévision. Vous serez installés dans quel coin du
Centre?



Laurent 19/01/2011 14:57



En effet, ça doit être pas mal du tout à voir. Le hockey, un sport d'équipe et de combat qui s'assume ! Comme le rugby !! Injustement peu médiatisé en Wallonie (en Flandre, je sais pas).


Te verrons-nous un jour en hockeyeuse de choc ?



JulieH 20/01/2011 00:13



Jamais, je suis une très mauvaise patineuse, et mes genoux sont usés par les chantiers. Je préfère regarder :p