Bon cop, Bad cop

Publié le par JulieH

  Au pays des queues de castor, de la poutine du chef et des chemises à carreaux, on connait des problèmes linguistiques. Car oui, lecteur assidu, le petit québécois, défenseur de sa langue française chérie, a bien du mal à faire respecter la fameuse loi 101. Régulièrement retravaillée, celle-ci perd peu à peu son sens, dans un Québec où les villes se veulent désormais bilingues.

  Au pays de Pitzi Couillu, on a trouvé une façon de désamorcer les tensions entre québécois et ontariens (les voisins, anglophones, hormis quelques communautés francophones ça et là) en les portant à l'écran. Sorti en 2006, ce petit chef d'oeuvre, qui est pour moi LE film à voir, c'est Bon cop, bad cop

  Tout commence lorsqu'on découvre un cadavre tombé pile sur le panneau délimitant la frontière Québec-Ontario. Comme le dirait ce bon David Bouchard (ça sonne tellement québécois!), "Son coeur est au Québec, et il a l'Ontario dans le cul aussi". Que le lecteur assidu belge transpose ça en version Wallon vs Flamand, et tu riras, toi aussi. Bref. Condamnés à travailler en équipe, David Bouchard et Martin Ward se lancent dans une enquête riche en rebondissement et surtout, riche en découvertes de l'autre. Les situations sont totalement délirantes, le scénario très bien construit sur un fond de querelles politico-linguistiques et de hockey, c'est du bonheur de la première à la dernière minute! 

  Évidemment, quand on joue sur les cultures, on ne peut que tomber dans les stéréotypes : le québécois est en jeans et blouson de cuir avec une voiture vraiment maganée, se fiche un peu des procédures et a la franchise d'une végétarienne affamée devant la carotte du bonhomme de neige de son fils : on veut quelque chose? On le prend, et puis c'est tout. A l'inverse, l'ontarien est l'image même du type qui s'est assis sur un balais, qui n'a jamais été délogé de sa nouvelle remise : costume impeccable, classe, procédurier, tentant de jouer la finesse (même avec Lulu-le-gros-balèse-du-bar-miteux).

  Alors pourquoi est-ce ZE film? Tout simplement parce qu'il aborde la société québécoise sous plein d'aspects : le caractère des gens, le monde du hockey, les médias très présents dans la vie des canadiens, la vie quotidienne, et surtout les administrations qui se prennent le chou avec le bilinguisme. A ce sujet, le film est bilingue, sous-titré en français quand l'ontarien (qui a un accent frenchy très mignon) se lance dans des tirades, et quand le québécois lui répond dans un anglais impeccable. Le débi étant très rapide, il ne faut pas s'étonner de ne rien comprendre durant les 15 premières minutes. Lecteur assidu, on en a déjà parlé : te faut faire un effort, une foé, et laisser le temps à ton oreille de s'habituer à la douce mélodie des accents. 

  En terme de langage, toujours, il y a une scène absolument mytique : le cours 101 (oui, ici tout est 101, sauf les urgences, c'est le 911) de sacres. Martin apprend donc les rudiments du joual en pratique, grâce au tabassage de Luc dans le coffre de la voiture de David. Je ne retranscrirai pas la scène ici, ma Belle-Maman d'amour lit ce blog et elle n'aime pas qu'on sacre. MAIS, lecteur assidu, petit veinard que tu es, clique pour regarder la vidéo!

 


 

  Finalement, après une explosion dans une maison pleine de cannabis, nos deux policiers oublient leurs différences et deviennent presque de bons amis. En tout cas, de véritables "partners" de travail. Un autre extrait, histoire de te prouver, lecteur assidu, qu'un Québécois n'est pas forcément quelqu'un qui parle anglais avec un accent impeccable...

 

 

  Voilà, le film, c'est donc avec Patrick Huard, qui est celui qui a lancé l'idée de la thématique du film en riant, Colm Feore dans le rôle de l'ontarien, Lucie Laurier et Pierre Lebeau. Près de 2h d'humour, d'action, de suspens, d'explosions, de courses poursuites, de mystères, de meurtres, de disparitions, bref, le film idéal quand Elle veut rire et qu'Il veut voir un film viril et pas une comédie romantique.

  Bon visionnage, lecteur assidu!

 


Publié dans Cinéma québécois

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