Bref. Je reste.

Publié le par JulieH

  Non, lecteur assidu, je ne t'ai jamais oublié. J'ai seulement rempli ma demande de Résidence Permanente...

  Champagne? Pas tout de suite. Dans deux ans grand max. La procédure est longue, parce que je suis toujours au Québec, et que je vis toujours avec Chéri-chou dans notre petit nid d'amour.

  Faire une demande de résidence permanente c'est un peu un parcours du combattant, pour la tête, les yeux, la gestion des émotions et celle du téléphone. Tout a commencé par une lecture approfondie d'un bon 200 pages sur le site du CIC, lequel m'a particulièrement laissée perplexe. Trois clignements d'yeux plus tard, je criais à l'aide sur le forum des PVTéistes. Leurs réponses ont été une fois de plus angoissantes, alors j'ai pris mon courage, ma patience et ma liste de questions à une main, j'ai empoigné le téléphone et j'ai appelé le CIC (Citizenship Immigration Canada).

  Ô joie, ô bonheur, je n'ai pas eu trop à attendre pour entendre une voix amicale teintée d'un léger accent anglophone ô combien charmant répondant à mes questions, une par une, et m'orientant dans la démarche à lancer. Pourquoi ne l'avais-je pas fait depuis le début? Parce que j'ai d'abord voulu rencontrer quelqu'un en vrai, un agent en chair et en os qui prendrait 1h30 avec moi pour répondre à toutes mes questions (mais non, le gouvernement ne joue pas dans la cours des petits poneys, c'est moins sympathique au niveau de l'administration). Les boites vocales ne sont pas mon dada, et puis je peine parfois à comprendre ce qu'on me dit au téléphone (maintenant j'en suis arrivée au point où même un accent de mon pays natal choque mes oreilles), et surtout je déteste le téléphone. Tout ça parce que Mamounette, elle, l'adorait quand moi j'étais en kot, et que je raccrochais systématiquement avec l'oreille droite rouge et en feu. Je crois que je suis allergique aux combinés de téléphone en fait. Bref. Je voulais voir quelqu'un, ça n'a pas été possible parce que "maintenant tous les agents sont joignables uniquement via la centrale d'appel madame".

  Bref. Je téléphone. Et mon charmant interlocuteur prend le temps de m'écouter, afin de bien comprendre ma situation "mais monsieur, je l'aime et je refuse qu'on soit encore séparés, ça peut plus durer tu comprends-tu? Et puis j'aime ce pays moi, je veux vivre chez les caribous avec mon chat blond et mon bûcheron!", pour finalement m'orienter vers le type de demande à faire. Je raccroche en sautillant sur ma chaise, pour tout expliquer à Chéri-chou, lequel m'assiste avec toute sa classe et son enthousiasme propres au pays (non en réalité ça n'a rien à voir, Chéri-chou est juste merveilleux et a tenu à ce qu'on fasse tout le tralala à deux).

  300 pages imprimées plus tard (merde, c'est vraiment long à lire tout ça), quelques formulaires remplis au crayon mine, des tonnes de papiers envoyés par Mamounette qui court pour réunir ce que je ne peux pas en Belgique, je me dis "tiens, et si je lisais le titre du formulaire?". Excellente idée, j'ai ainsi pu me rendre compte que ce n'était pas le bon (c'est un grand moment de solitude que j'ai vécu...). Et avec le temps qui passe, voilà que je ne suis plus sure de pouvoir rester au pays durant le temps des démarches (bah oui, un visa qui expire, c'est synonyme de retour en Belgique). Résultat, tandis que je m'en vais travailler en pleurant toutes les larmes de mon corps (eh oui, il faut relâcher la pression), Chéri-chou décroche le combiné du téléphone et appelle le CIC. Moult minutes d'attente pour lui qui déteste autant que moi le téléphone, et le voilà avec plein de réponses et surtout de bonnes nouvelles qu'il s'empresse de me communiquer. Tout s'arrange, avec le bon formulaire, les bonnes infos et le tout est rempli en deux temps trois mouvements. Reste à joindre les documents demandés, les lettres attestant de notre relation (oui, nous sommes un couple!), et tout un tas d'autres choses pour finalement filer à la poste et envoyer le paquet de 485 grammes.

  L'envoi, il s'est fait le 13 décembre. Lorsque nous sommes rentrés, Chéri-chou m'a regardée et m'a dit "Aujourd'hui, à cette heure-ci, tu devais être à l'aéroport."

  Bref. Je reste.

 

  Pour celles et ceux qui désirent se lancer dans une demande de résidence permanente, quelques clés facilitant la démarche :

  1. Ecrire sur papier la situation actuelle (vacancier, travailleurs temporaire, PVT, études) ce qu'on souhaite (rester pour travailler, pour être avec son conjoint, pour étudier,...).

  2. Appeler le CIC au 1-888-242-2100 et se débrouiller avec la boite vocale pour tomber sur l'option "parler à un agent du CIC. S'armer d'un bic, de sa feuille de notes, d'un verre d'eau et de patience.

  3. Ne pas hésiter à demander les références des formulaires pour les demandes qu'on vous conseille. Elles commencent par trois lettres, suivies de quatre chiffres (exemple : IMM1234). 

  4. Ne pas hésiter à rappeler plusieurs fois tout au long de la démarche. Les agents que nous avons eus Chéri-chou et moi ont vraiment été attentifs à notre situation, à nos questions, et ont pris le temps d'émettre des réponses claires et précises, en vérifiant que nous avions bien compris. 

  Ces quatre recommendations vous permettront de ne pas jouer à Astérix à la recherche du laisser-passer A38.

 

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