Conduire au Québec, un an plus tard...

Publié le par JulieH

  Il y a presqu'un an, lecteur assidu, je te parlais de la conduite au Québec et d'un tas de choses qui me faisaient rire aux éclats. Après un an de conduite, j'ai mangé, dévoré et digéré des centaines de kilomètres, et suis donc presque une as du volant. Presque, parce que l'hiver dernier, je me laissais bravement mener par Chéri-chou tandis que je ronflais lamentablement sur le siège passager. En fait, je ne sais pas si je ronfle, Chéri-chou est trop classe que pour me le dire. Soit. Or donc, cet hiver, je conduis donc pour de bon sous et sur la neige.

  C'est l'hiver... Let is snow let it snow let it snow!

  Oui, c'est l'hiver, et l'hiver au Québec, c'est parfois synonyme de galère sur la route. Première chose importante pour survivre : savoir s'équiper. Pas de rames, lecteur assidu, la galère c'est juste une image! Oublie le vent, les mouettes (Amwa!), le fouet qui claque et le goût de sel sur tes lèvres, et installe-toi dans une voiture. Le minimum, c'est une couverture sur la plage arrière de la voiture, au cas où, par un sale coup de Murphy, la voiture décide de ne plus bouger. Moteur grippé, démarrage en côte impossible, glissade dans le fossé ou embouteillage pour cause d'accident loin devant, les occasions d'être immobilisé par -20°C sont multiples. Il est donc vivement conseillé d'avoir une bonne couverture, on ne sait jamais quand la panne peut survenir.

  Second bon truc de survie : connaître sa route. Par coeur. Parce que bon, soyons francs, 10 cm de neige c'est joli dans les champs, mais sur la route, ça masque les lignes et les fossés. "Chérie, on est à contre-sens", c'est si vite arrivé. Ceci dit, il n'y a pas vraiment besoin de 10 cm de neige. En réalité, dans certains coins non reculés du Québec, les lignes s'usent vite, très très vite. Je ne sais pas si c'est une affaire de peinture, de sel ou de précipitations, mais depuis quelques semaines, je me fie exclusivement à la voiture devant moi pour savoir si je dois me rabattre ou pas. Ce qui ne veut pas dire que si elle va au fossé, je la suivrai assurément. Rassure-toi, lecteur assidu, je dois d'abord mener Titine-la-voiture-qui-rouille vers la barre des 210.000 km. Bref, l'hiver arrivé, la nuit tombée, je roule en aveugle sur des routes mal délimitées. Mais je suis toujours en vie!

  Troisième bon truc : deux index et un orteil. C'est tout ce qui est nécessaire sur le verglas. J'aime la glace, mais dans mon bol, pas sur la route (et avec un coulis de framboises et une pointe de sirop d'érable. Miom miom!). Mais Murphy a cru bon me lancer un sort de verglas un soir où je n'avais pas d'autre choix que de prendre la route et je me suis retrouvée à patiner gaiement sur mes quatre pneus. Naturellement, mon premier réflexe est stupide : donner un léger coup de frein pour tester la route. Euh... mauvaise idée, lecteur assidu, quand ta route est bordée de part et d'autre d'un fossé. Oooh un fossé *donner un petit coup de volant vers l'autre bord de la routeé* oooooh l'autre fossé! *autre petit coup de volant, plus léger, à deux doigts* Ooooh bonjour route. Tu es belle et pas droite et surtout couverte d'une épaisse couche de glace, je vais donc ne pas te défier et opter pour une sage vitesse de 30 km/h... Le frein, seulement avec le bout du gros orteil. Le coup de volant, à deux doigts uniquement.

  Bon, ça c'est pour le conducteur. Mais pour la voiture? Simple. Je rêve désormais d'un démarreur à distance (et donc de la voiture qui va avec). Gadget? Du tout, surtout quand Titine a passé la nuit dehors et s'est magiquement transformée en congélateur. Sans oublier que naturellement, la première pointe de chaleur qui va sortir de la soufflerie, c'est 15 minutes après qu'on se soit mis en route. Interdiction d'y oublier ne serait-ce qu'une heure un ordinateur ou un appareil photo, les circuits en sortent gels. Comme les bouteilles d'eau, interdiction d'avoir soif durant les 100 premiers kilomètres, la bouteille est un glaçon. Évidemment, qui dit voiture gelée dit volant gelé, et siège avec. S'il est facile de contrer le premier avec une bonne paire de gants, il est pratiquement impossible de contrer l'effet "foufounes frisquettes". Sauf si évidemment, la voiture gadget est équipée de sièges chauffants (ce qui a tendance à donner une impression de type "J'ai fait pipi au lit" les premières fois, tout en constituant une bonne blagounette quand il y a 25°C dehors. Héhé, chaud!). Les sièges chauffant, c'est un gadget bon 3 mois dans l'année, mais qu'est-ce que c'est appréciable!

  Un dernier bon réflexe à ne pas avoir (moi je l'ai eu...) : quand tu croises un chasse-neige, lecteur assidu, ne ferme pas les yeux quand il t'envoie sa neige : entre dehors et toi, il y a un pare-brise. Tu ne recevras pas la neige dans la face, non, elle va juste s'écraser sur ta voiture et voler tranquillement au vent, toute poudreuse qu'elle est. Conduire les yeux fermés, c'est dangereux! (Mais Titine et moi sommes toujours vivantes), garde les yeux ouverts (c'est ma leçon du jour).

  Reste qu'avec tout ça, nos amis les panneaux dont je me moquais l'année dernière ont prouvé leur utilité! Le fameux "Préparez-vous à arrêter" qui clignote loin du feu rouge permet de ne pas déraper en freinant à la dernière seconde. Le terrible "attentioooon ça va tourneeeer" permet de ne pas avoir pour seul guide les lignes invisibles ou presque. Bref, c'est de la conduite anticipée pure et simple. Il ne te reste plus qu'à garder tes distances de sécurité, les yeux bien ouverts, une vitesse modérée, une couverture à l'arrière, et ça roule!

Commenter cet article