Froid polaire?

Publié le par JulieH

 

  Vous savez ce qui me fait un peu enrager en ce moment? Outre la perte de mon super bonnet et de mes gants, c'est la neige. Parce que d'habitude, en Belgique, Noël est vert (ou gris-pluie), et qu'on s'émerveille quand on a la chance de voir trois flocons sur le coup de 20h. Pendant approximativement 6 mois, j'ai fait des envieux en disant "même que moi, mon Noël, il sera blanc". Maintenant, tout le monde me dit "on se croirait au Québec, non?".

  La réponse est non (désolée les gars). D'abord parce que les québécois sont un peu plus habitués à la neige. Ici, la grande tendance est au port de bottes à talons et à semelles lisses, au manque de prévoyance quant au changement de pneus, à la pénurie de sel et au déblayage de routes approximatif. Là-bas, on sait qu'il faut prévoir une paire de chaussures de rechange pour le bureau, parce que les bottes fourrées peuvent parfois vous donner l’impression qu’on vous a greffé les pattes de Shewbacca. Il en va de même pour la tenue : un short et des bas nylon, c’est inefficace contre le petit vent frais du matin. Apparemment, ici, le froid congèle aussi les neurones de certaines demoiselles... mais pas seulement (parce que oui, messieurs, l'un de vos congénères se baladait hier en bermuda à carreaux roses et en petites tennis blanches).

  Au Québec, en hiver, on sait aussi déneiger. Les lames passent, en priorité sur les routes les plus fréquentées, le sel passe aussi, et on n'a pas trop à se plaindre. Ici, quand la lame passe, on a presque l'impression d'assister à un miracle en direct live de Lourdes. Quoiqu'en général, on se rend très vite compte que le gars est un amateur et qu'il ne trouve rien de mieux à faire que de laisser sa neige au milieu du carrefour (véridique!). Côté équipement privé, ma mère s'en sort plutôt bien, avec sa pelle (qui passe dans les mains de deux autres foyers moins prévoyants), ses grattoirs et son sel. Il ne lui manque qu'un balais avec un manche long pour déneiger le toit de sa voiture (parce que ne pas le faire, c'est risquer de tout expédier sur le type qui vous suit à 50 sur l'autoroute -on se rappelle que c'est pas dégagé, chez nous- et de provoquer un accident). Il m'a fallu une expérience de deux semaines dans l'hiver québécois pour le comprendre. Je crois que tout automobiliste qui se respecte faire bien d'envisager un stage de conduite là-bas (et en plus le cadre est sympa).

  Ce qui est terrible, à Noël, c'est aussi le déballage de petits plats mijotés des heures durant. En tout cas, dans ma famille d'adoption, c'est comme ça. Il est presque impossible de résister à l'envie de se resservir pour la huitième fois d'une toute petite part de tourtière, ou d'un peu de ces boulettes, ou oooh un petit bout de gâteau. Je ne sais pas si c'est généralisé à l'ensemble des québécois (seuls eux peuvent me répondre), mais j'appréhende légèrement cette confrontation entre mon estomac, mes papilles gourmandes et la tablée. Chez moi, la cuisine est savoureuse, mais un peu moins mijotée, et puis on n'a pas à faire face à une panoplie de plats. On sait se limiter, même si le lendemain est la journée dédiée au bricolage de petite bouffe légère avec les restes de la veille (autant dire qu'on est contents de faire une sieste digestive une fois dans l'année).

  Voilà, au risque de vous décevoir donc, même si j'enrage de ne pas profiter de la neige belge durant le peu de temps qui lui reste à tenir, Noël là-bas, et l'hiver en général, c'est pas tout à fait pareil. On se revoit au printemps. En Belgique, drache nationale, au Québec... la neige, encore et toujours...

  J-6. Gloups.

Publié dans Divers

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