J-8

Publié le par JulieH

  On est à huit jours du grand départ. Vendredi 24 décembre, à 10h30, je m'envole, et je laisse derrière moi amis, famille, études, possibles opportunités professionnelles et confort de savoir à peu près comment tout fonctionne ici pour aller me coller dans le presque total inconnu. Je ne flippe qu'à moitié.

 

  Il est désormais difficile de dire que je suis impatiente de partir. Il me reste un bon milliard de choses à faire, et je réalise à quel point il m'est difficile de dire au revoir à ceux que j'aime. Les séparations ont commencé le week-end dernier, après deux jours intenses passés avec quelques personnes qui me sont chères. Jusqu'alors, je crânais. Un an, c'est peu, et puis peut-être que je ne reviendrai que pour des vacances. Et puis de toute façon il y a internet, les webcams, et le décalage n'est pas si terrible alors on pourra se parler. Pourtant, au moment de partir, les larmes ont pris le dessus. Moi aussi j'ai besoin d'être rassurée, et moi aussi je suis triste de les quitter. Depuis, les larmes coulent, régulièrement.

 

  Ce n'est qu'une partie de ce qui se passe dans ma tête, qui, pour le moment, est partagée entre trois sujets de réflexion. Outre le départ, il y a l'arrivée. Parce que là-bas, je vais retrouver une famille, qui est désormais aussi la mienne, un amoureux, des amis, et un défi : celui de m'en sortir brillament, histoire de pouvoir vous écrire ô combien je suis douée pour les missions impossibles. Et de savoir que je vais revoir des gens que j'ai laissés il y a un an maintenant, d'imaginer les retrouvailles avec Mélissa, Keven, Lisa, Sam, Max, Nathan qui est parti depuis bientôt quatre mois, et Alex-le-chat-blond, eh bien j'en pleure, parce qu'ils me manquent. De savoir que, d'ici quelques jours, les câlins de mon beau-papa, les yeux pétillants de ma belle-maman, les jeux de mots pourris de mon beau-frérot et le (gros) grain de folie de mon autre beau-frérot, feront partie de mon quotidien ou presque, c'est fabuleux, alors je pleure (encore).

 

  Et puis le défi ne serait pas si incroyable si je n'avais pas un mémoire à clôturer de loin. Heureusement, j'ai un promoteur formidable qui, par la confiance qu'il m'accorde, me permet de croire que c'est possible. Alors là-dessus, je ne pleure pas. Au contraire, je souris. Le sujet du mémoire était une folie, l'ampleur qu'il prend aussi, alors on n'est plus à ça près.

 

  Non, je ne veux pas partir, parce que je découvre que finalement, je ne suis pas tout à fait un cavalier solitaire dans la vie, et qu'en plus, je peux faire des choses formidables. Mais en fait si, je veux décoller, réaliser la promesse que je m'étais faite en démarrant mes études, et partir un an, loin de tout, pour le retrouver, histoire d'avoir une vie normale, pour découvrir un peu plus un pays que j'aime tellement, pour me jeter dans une épaisseur de neige digne de ce nom, pour faire la collecte des sucres, pour apprendre, goûter, découvrir, faire le plein de bonnes choses.

 

  Voilà, bienvenue dans ma tête, lecteur. C'est un peu chaotique, mais j'imagine que c'est ça un grand départ. Je ne décompte pas les jours par impatience, je décompte les jours uniquement pour que mon calendrier des choses à faire soit réalisable, et réalisé. Pour que le 24 décembre, je décolle avec l'esprit tranquille, en ayant réglé les petites choses administratives, en ayant fait un sac dans lequel rien ne manque, et en ayant dit au revoir à ceux que j'aime. Heureusement, le vol est long, et ça va me permettre d'avoir une petite transition de 8h entre chagrin d'aimer trop mes amis, et bonheur total de retrouver un monde que j'aime aussi.

 

Lucky Luke ne connait pas sa chance de n'avoir que Jolly Jumper pour compagnon de vie.

Publié dans Voyage

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Gre 16/12/2010 16:27



Ce que tu fais... même dans mes rêves les plus fous je ne me vois pas capable... Tu ne peux pas savoir a quel point je t'admire et a quel point tu vas me manquer.


J'espère avoir de nombreuses occasions de te lire dans les mois a venir et je pense que tu passeras de très beaux moments là bas...


Même si je te vois une dernière fois demain c'est plus facile de l'écrire, tu sais ce que c'est hein ;)


Miss U



Laurent 16/12/2010 14:58



Sois pas si triste que ça de partir. Comme tu le dis, ya Internet. Et comme le dis la mienne d'amoureuse : Internet c'est pas fait pour les chiens ! Au contraire, tu as une occasion unique de
partir du bon pied dans un pays neuf. Moi-même, je pense aussi à quitter le pays un jour.



Adé 16/12/2010 13:27



C'est très émouvant tout ça. Je te souhaite plein de courage pour tout ce que tu vas vivre. Ca va être du condensé de vie ce que tu t'apprêtes à vivre! Profites-en!


Et j'adore surtout ta conclusion (la dernière phrase). Je crois que tu devrais t'en inspirer pour ton mémoire! :P



JulieH 16/12/2010 15:27



Merci ma bonne Adé!


 


M'inspirer de Lucky Luke? En disant que si Notger n'avais pas eu d'ami à Aix, j'aurais environ 50 églises en moins au compteur ^^