Je reste, c'est confirmé

Publié le par JulieH

Ça y est! Je l'ai!!!!

Quoi donc? Mon précieux sésame! Souviens-toi, lecteur assidu : il y a 2 ans et quelques mois, je démarrais ce blog en te faisant part d'une grande nouvelle : mon aventure dans l'grin nôôrd québékwé. Toute pleine de doutes, de peur, d'impatience et de joie, je faisais mon sac pour partir durant un an à la découverte du pays de Garou, Céline et Félix. J'avais dit "à bientôt" à mes amis et à ma famille... en laissant plein de choses en Belgique, parce que forcément j'allais les retrouver quelques mois plus tard. Eh bah que dalle! (tu noteras ici que je parle encore belge, à l'occasion... j'ai passé la journée à regarder le défilé de la fête nationale, les discours et le feu d'artifice, le tout commenté par des belges... j'ai retrouvé mon accent!)

Que dalle dis-je : je ne suis pas rentrée. Je suis restée. J'ai osé tenter l'aventure de l'immigration, et depuis novembre 2011, chéri-chou et moi vivons cette nouvelle aventure main dans la main.

Comment ça s'est passé?

Le début de l'aventure, je l'ai raconté ici :  Bref. Je reste. La suite, je la gardais en réserve pour le jour où je recevrais le précieux Grââl. La suite est une question de patience, et de téléphone. Et de patience! Les délais variant en fonction du nombre de demandes, je te ferai grâce des dates de réception de papiers, ne serait-ce que pour que le futur immigrant qui passera ici ne se décourage pas. Pour moi, ça a été affreusement long et stressant. Ne pas avoir de nouvelles pendant plusieurs mois revient à toujours avoir, quelque part en tête, le stress du refus. Un refus aurait impliqué de devoir plier bagages rapidement pour regagner la Belgique. Attendre des mois un signe de vie, c'est aussi développer une forme de pensée relativement négative : pas question de songer à acheter une voiture neuve, ou de s'impliquer sur une hypothèque. Pas question de dire à son employeur "je rêve de faire carrière dans votre entreprise". C'est aussi, dans mon cas, ne pas s'impliquer trop dans une relation amicale, parce que devoir quitter des amis est une chose qui m'a réellement déchirée, la première fois. 

Et puis les papiers ont commencé à rentrer. Un accusé de réception, puis un "filez en visite médicale". Ce n'est qu'à partir de cette étape que j'y ai réellement cru. Fort. Parce que je savais que n'avais ni le choléra, ni la tuberculose, et que j'étais en pleine forme. J'ai trouvé ça assez marrant d'expliquer au médecin qui m'auscultait que j'étais là depuis presque deux ans, et que techniquement, j'aurais eu le temps de contaminer la moitié du pays. Il n'a pas trouvé ça drôle, mais je n'ai pas trouvé ça drôle de payer 350 $ pour répondre à ses questions, respirer trois fois et passer une radio des poumons. 

On ne m'a pas rappelée pour me dire que j'étais gravement malade, alors j'ai pu continuer mes démarches. Une deuxième floppée de papiers plus tard, j'étais l'heureuse titulaire d'un Certificat de Sélection du Québec, qui allait me conduire vers la dernière étape, au fédéral. Parce que oui, lecteur assidu, si tu migres au Québec, il faut que le fédéral et le provincial soient d'accord. Si tu migres en Ontario, par contre, le fédéral suffit. Et puis il y a eu le silence. Le long et terrible silence. En février, sur mon dossier en ligne, il était noté que la décision avait été prise, mais personne ne me rappelait. J'ai donc perdu patience et ai appelé mes amis du CIC... qui m'ont appris que la lettre, LA lettre, ZE ONLY ONE lettre que j'attendais depuis le début n'avait pas été envoyée. On m'avait oubliée. Trop chouette.

J'ai finalement été appelée, parce que tu comprends, lecteur assidu, quand tu vis creux en région, te déplacer à Montréal est un truc que tu fais rarement. Il arrive fréquemment de croiser ici des vieux qui n'y sont jamais allés. Du coup, la madame au téléphone préfère prendre rendez-vous avec toi, un jour qui te convient, parce que tu tapes 4h30 de route aller... et pareil pour le retour, pour seulement 15 minutes d'entretien.

L'entretien... J'ai finalement reçu ma convocation avec la liste des choses à emmener (dont Chéri-chou, mon parrain d'immigration). Par chance, comme le Québec est merveilleux, le bureau d'immigration se trouve à côté du Centre Bell. Faut-il préciser que malgré les travaux, le trouver a été une bonne partie de rigolade (si l'on fait exception du vieux qui conduit en sens inverse, des piétons candidats à la mort et des démarrages en côte)? L'entretien a duré 15 minutes, le temps de passer en revue les papiers, de confirmer avec Chéri-chou qu'il acceptait de me parrainer (et donc d'être responsable de moi pendant 3 ans), et de signer. Et pif, la petite madame me regarde et me dit "Félicitation! Vous êtes résidente du Canada". J'ai eu l'air bête, je ne réalisais pas. Une petite photo plus tard (et un problème d'impression en prime), je quittais Montréal pour aller ouvrir une bouteille de champagne qui attendait la nouvelle pour faire pop.

C'était le 12 juillet 2013. La prochaine étape sera la demande de citoyenneté. D'ici là, je savoure mon nouveau statut, et me relance dans la paperasse : changement de permis de conduire, carte soleil, nouveau numéro d'assurance sociale et tout le tralala. Joie et bonheur.

Publié dans Divers

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