Les sucres, acte 1.

Publié le par JulieH

  Le mercure flirte avec les 0°C au pays des caribous, et ça y est, les érables coulent! Ils sont sympas ces érables... Le jour de mon départ pour la Belgique, ils avaient dégagé une odeur de sirop qui m'avait presque fait monter l'eau à la bouche. Puis, pendant deux semaines, ils s'étaient tus, obéissant à mon voeu, celui de rentrer au Québec pile pour le début des sucres. Et c'est chose faite, lecteur assidu, me voilà à nouveau au Québec et les érables ont commencé à couler.

  Coup de fil à 9h du matin hier : c'est aujourd'hui qu'on entaille, venez si ça vous tente. Le grand-père de chéri-chou est en effet l'heureux propriétaire d'une érablière et de la cabane qui va avec, et tous les ans, la famille se rassemble pour collecter l'eau d'érable qui, après des heures passées à bouillir, donnera le sirop tant convoité. Mais ça, ça n'était pas au programme d'hier. Hier, on entaillait.

http://a7.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/199193_1934587289680_1392260443_2317270_6058770_n.jpg  C'est quoi "entailler"? ça n'est pas prendre son canif pour graver un coeur dans le tronc de l'arbre, non. Entailler, c'est forer un trou dans le tronc, dans lequel on va fixer le chalumeau et la chaudière. Évidemment, le lecteur belge va s'écrier "Keuwa? Un chalumeau? Comme pour la crème brûlée?" Absolument pas, lecteur assidu! Le chalumeau, c'est l'embout métallique percé qui redirige l'eau dans la chaudière (qui est un petit seau en alu). Rassuré? Bon. Hier donc, la famille a travaillé d'arrache-pied pour percer entre 800 et 1000 trous, et fixer tout le tralala. Aujourd'hui, ils achèvent de poser les couvercles et récoltent déjà l'eau qui a coulé pendant une bonne partie de la journée. Et si tu tends l'oreille, lecteur assidu, tu entendras le petit plic ploc des gouttes d'eau qui tombent. 

  Comment se passe la récolte? Il y a en fait deux types de cabanes : celles qui récoltent dans des chaudières, qui sont vidées une à une dans un (très) grand récipient tiré par un tracteur, qui ramène le tout à la cabane, où l'eau sera bouillie. Et puis il y a ceux qu'on appelle les paresseux (enfin moi je dis que ce sont des gens seuls qui n'ont pas d'ami et pas d'argent pour s'en acheter), et dont les érables sont reliés par un gros réseau de tuyaux qui acheminent directement l'eau à la cabane, où l'eau sera bouillie. Tu l'auras compris, à la cabane familiale, ce sont les petites mains qui travaillent.

  Voilà, j'ai donc vécu la première étape et j'ai participé à la pose d'une partie des couvercles, qui se traduit par une grosse marche dans l'érablière, à pester parce que forcément il a fallu que je choisisse le côté où la neige est molle, et où il est donc plus que courant de s'enfoncer malgré mes sublimes raquettes. Plus jamais je ne dirai qu'on gambade facilement sur la neige une fois équipé. Ceci dit, ça a le mérite de tenir chaud (comprendre par là qu'avec un 1°C, je suais ma vie et ce sans tuque ni mitaines) et ça fait travailler les cuisses et les fesses. J'ai mal partout.

  Les jours prochains, selon la température, les acériculteurs que nous sommes (yeah un nouveau mot!) vont donc s'appliquer à la récolte et à la transformation de l'eau en tire/beurre/sirop/sucre, etc etc. Quant à l'eau, parce qu'il a bien fallu que j'y goûte pour toi, lecteur assidu, c'est un goût très discret, légèrement sucré (mais vraiment léger hein), et c'est assez bon...

Commenter cet article

Laurent 31/03/2011 09:48



La région appelée "Chaudière des Appalaches", elle tire son nom de ça ? En tout cas, ça doit être super bon !



Aline 21/03/2011 12:50



Beurre d'érable? :') raaaaah o/