L'arrivée

Publié le par JulieH

  Je n'ai pas le temps d'écrire, mais je le prends quand même.

 

  L'arrivée en Belgique est un véritable choc pour moi. Lecteur assidu, j'ai passé un peu plus de 6 mois à mener un train-train quotidien se résumant à "manger-mémoire-bibliothèque-dormir". Mon débarquement au Québec fut une renaissance pour moi, qui n'avait plus mis les pieds dehors (sauf pour faire mon épicerie ou aller en bibliothèque) et n'avait plus vraiment de vie sociale. Retour à la case mémoire, avec les encouragements de mon promoteur-parfait. Je t'écris donc de la bibliothèque.


  Pourquoi un choc? D'abord, il y a eu le train, où j'ai aidé trois petites vieilles. La première, à monter son sac dans le train ; la seconde à remettre ses chaussures, la troisième à récupérer son foulard tombé à terre. Les trois ont eu ce même premier et stupide réflexe de recul, pensant se faire agresser. Le belge est-il donc tombé dans la paranoïa? (Note bien que j'ai vérifié mon reflet dans la vitre du train, et je n'avais pas l'air d'un zombie. C'est donc bien le mouvement d'aide qui les a effrayées et pas mon horrible tête d'après voyage).


  Dans le train, il y a eu aussi les accents. Le belge a un accent absolument atroce! Bon, évidemment, il a fallu que je tombe sur le meilleur : le marchois parlé par une madame qui avait oublié distinction et féminité sur sa table de chevet (à condition qu'elle les ait jamais eues en sa possession), et l'arlonnais. Du coup, j'ai collé les Cowboys fringants sur mes oreilles, qui avaient besoin d'une dose.


  Sortie de la gare, j'arrive en ville : tout le monde tire la gueule. Ce n'est pas une expression polie, mais elle reflète hélas la triste réalité. Peut-être est-ce parce que le ciel est gris, peut-être est-ce parce que c'est la Belgique et qu'en Belgique, personne ne t'accueille dans un magasin en te disant "Allô, ça va bien?". Et je sens que toute ma bonne humeur et mon entrain québécois se referment petit à petit, et que je redeviens cette chose morne et grise qui marche dans la rue.


  Et puis j'entre enfin en territoire connu et apprécié : le Subway. Car le Subway québécois n'est pas le même qu'en Belgique : les goûts sont différents, et mon sandwich préféré s'est révélé particulièrement décevant à Trois-Rivières et à Berthierville. Il fallait donc que je retrouve une saveur idéale. Et puis il y a les gérants qui, parce qu'ils voient ma tête depuis plusieurs années, ne se limitent pas à un simple "bonjour, qu'est-ce qu'on vous sert?". Un vrai rayon de soleil, l'occasion de papoter, de raconter le Québec, de prendre la température actuelle (5°C et pluie, atroce) et de recevoir un bon café pour affronter la suite de la journée.


  Ensuite vient l'arrivée en famille. Et là, lecteur assidu (et famille qui me lit, j'en suis sure), il y a cette joie de les retrouver et la déception de suivre les mêmes discussions qui ne changent pas depuis le temps. Parce qu'ils lisent mon blog, je n'ai apparemment rien à leur apprendre de ma nouvelle vie. Parce qu'ils suivent mon statut sur Facebook, ils n'ont pas à me demander comment je vais ou si je suis heureuse de rentrer. Je ne le suis pas, et rentrer, pour moi, c'est quand j'arriverai au Québec.  Et puis il y a mes deux petits bouts, qui grandissent et changent. L'un est heureux de recevoir une fusée qu'il demande depuis environ 6 mois, l'autre est heureuse de simplement être prise dans les bras pour un câlin qu'on n'a pas pu se faire avant mon premier départ. Enfin il y a Laurence. Avec elle, c'est simple, c'est parfait, c'est bien.


  C'est étrange d'arriver, finalement. Le temps passe, certaines choses ne changent pas, d'autres bien. J'ai envie de parler de mon Québec à tout le monde, mais finalement, le sujet reste en suspend. Comment expliquer mon goût pour le hockey, cette odeur d'érable quand je suis partie, la poutine à 3h du matin, les soirées improvisées, les journées tranquilles isolée du monde dans mon nouveau bureau, la pêche sur la glace, l'accent, le quotidien et les petites choses extraordinaires qui en découlent à des gens qui ne connaissent pas ça? Dûr dûr. Je me sens étrangère dans le pays qui m'a vue naître...

 

Publié dans Voyage

Commenter cet article

Sarah 02/03/2011 12:01



Moi je trouve ça formidable que tu te sois si rapidement faite à la vie de là-bas ^^


Je suis heureuse que tu sois heureuse :p Et j'avoue qu'avec tout ce que tu nous as raconté via FB et ton blog, on ne peut que t'envier et se réjouir pour toi


Dans peu de temps tu retourneras là où sont tes attaches de coeur, vivement que ton tfe soit terminé ;)


 



Aline 02/03/2011 11:33



Tu as trouvé ton pays ma belle :) C'est bon de te lire dans ton extase de là-bas, mais moi, j'ai quand même trop hate de t'entendre nous radoter en live que le Québec, c'est merveilleux :)



Adé 02/03/2011 09:57



Tu pourras nous raconter tout ça autour de la poutine de ce soir! J'ai pas trop osé te demander d'en parler de peur que ce soit pour la Xième fois qu'on te pose la question!... :S