La mystérieuse mademoiselle C.

Publié le par JulieH

  Être au Québec, c'est avoir l'occasion de faire connaissance avec un monde pas si différent du mien, petite ardennaise que je suis. Mais c'est surtout un bon prétexte pour sauter sur des films portant l'étiquette "Québecois de souche", mais aussi sur des artistes, des bouquins, bref, un torrent de choses nouvelles pour mes petits yeux (et mes lunettes rouges, qui sont toujours dans mon sac, j'avoue).

  Hier soir, c'était La mystérieuse mademoiselle C. qui était au programme. Un petit bonheur de film, qui vous déconnecte des inondations australiennes, de la crise politique belge et des épidémies de grippes et de gastro ici-même. 

  Qui est mademoiselle C.? Charlotte, de son petit nom, est décrite un peu partout comme une femme étrange qui parle à un caillou. Comme quoi, les critiques de cinéma s'arrêtent à ça, et n'ont rien compris à la morale de l'histoire. Pour comprendre la magie du personnage, mélangez un soupçon de Joséphine (l'ange gardien, oui), une dose de Mary Poppins, une dégoulinade de bonheur de la Mélodie, mélangez le tout à une pincée de Fifi Brindacier, et vous obtiendrez à peu de choses près une Mademoiselle C.

  Que fait-elle, cette curieuse personne? Outre le fait qu'elle s'adresse à Gertrude, son caillou qu'elle planque dans son chapeau-abat-jour, Charlotte est une institutrice à l'école primaire. Elle fait des remplacements, et tombe à pic dans la classe de 6e D de l'école Sainte-Cécile, à Sainte-Cécile (c'est évident). Les élèves qui la composent n'ont pas le goût d'apprendre, et, plutôt que d'être réellement turbulents, ils préfèrent lire des magasines, observer leurs insectes, se pomponner ou encore jouer sur leur ordinateur. Attitude qui rend leur institutrice complètement folle, et qui la fait plonger dans une dépression nerveuse. C'est alors que mademoiselle C. entre en piste. Débarquée d'on-ne-sait où, elle aime la pluie, porte de drôles de chaussures, a un sourire presque omniprésent et est allergique à la bagarre. Elle aime par dessus tout les contes, et c'est à travers la lecture qu'elle finira par faire de la 6e D une classe d'élèves désireux d'apprendre. Mais seulement le matin, l'après-midi étant consacrée à la détente.

 http://www.grignoux.be/dossiers/198/affiche.jpg Une histoire pleine de morale? Bien sûr, à commencer par celle qui dit qu'il ne faut pas juger quelqu'un qui parle à un objet inanimé. C'est un bon confident, et ça ne fait de mal à personne après tout. D'ailleurs, Gertrude, sa pierre, elle écoute drôlement bien. Il y a évidemment le chapitre "se faire confiance", et toute une série de petites leçons distribuées tout au long du film, avec un sourire tellement attendrissant.

  La mystérieuse mademoiselle C. est un film sorti en 2002 au Québec, et en 2005 en Belgique. Il est réalisé par Richard Ciupka, et recrute, parmi les acteurs, Marie-Chantal Perron (Mademoiselle C.) et Guildor Roy (le directeur de l'école, monsieur Lenragé). C'est un film pour les grands qui aiment rêver, pour les petits qui n'aiment pas l'école, pour les familles qui sont coincées par la pluie, bref, pour tout le monde. C'est beau, ça respire le bonheur, et ça donne presque envie de retourner à l'école. Parce que moi, j'en suis sure, si mademoiselle C. était entrée dans ma classe en primaire, les mathématiques auraient été nettement plus "full fun" pour moi... 

Publié dans Cinéma québécois

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