Le pain de la feignasse

Publié le par JulieH

Ma bonne résolution numéro 1 était de profiter de mon congé pour mijoter des petits plats, et passer mon temps à dire "c'est la première fois que j'en fais". Parmi la liste (longue comme mon bras) : faire du pain.

Jusqu'ici, c'est l'aspect pétrissage qui me retenait, parceque j'imaginais un gros travail éreintant qui, s'il était mal fait, ferait de mon magnifique pain une galette plate, sans air et sans volume. Du coup, lorsque la recette du pain-qu'on-ne-pétrit-pas est apparue sous mes yeux par un beau matin de janvier, je me suis dit que c'était un signe! La vie voulait que je me reconvertisse en boulangère du dimanche. J'ai donc testé!

Ingrédient numéro un : de la patience. Bien que le pain ne demande, grosso modo, que 15 minutes en tout et pour tout, la recette recommande de laisser lever la pâte de 12 à 18h selon la température de la maison.

Ingrédient numéro deux : de la planification. Parce qu'en plus des 18h de levée, il y a aussi les 2h de repos supplémentaires. Bref, une vingtaine d'heures à planifier, plus 45 minutes de cuisson. Autant dire que "Chéri, y a plus de pain mais je vais en faire un pour nous dépanner demain matin", c'est à proscrire. 

Une fois ces deux ingrédients bien présents à votre esprit, au travail!

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Essai numéro 1 : Yummy, mais moyennement satisfaisant!

Étape 1 : Faire la pâte

- 3 tasses de farine

- 1/4 de cuillère à thé de levure sèche

- 1 cuillère 1/2 à thé de sel

- 1 tasse d'eau tiède

(et on prévoit un peu de farine en rab', ou du son de blé, de la semoule de maïs, des grains, bref, quelque chose pour que le fini soit joli)

Dans un cul de poule, mélanger les ingrédients secs (farine, levure et sel)... puis ajouter l'eau tiède et mélanger jusqu'à ce que le tout soit bien incorporé. Surtout, ne pas en faire une belle pâte bien lisse et bien homogène : moins on touche au mélange, meilleur sera le pain. C'est un pain de feignasse, on l'assume jusqu'au bout! Ensuite, recouvrir le plat d'une pellicule plastique, et laisser reposer.

Étape 2 : Laisser reposer

Oui, mais pas n'importe comment. Il faut que la levure fasse le travail que tu ne fais pas, lecteur assidu, alors offre-lui une chance d'être efficace. La pâte peut trainer sur le comptoir/sur la table de la cuisine toute une nuit sans problème. C'est ce que j'ai fait la première fois. Or, ma petite maison dans la prairie a tendance à se refroidir durant la nuit (notamment quand il fait -20°C dehors, Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver), et joue avec les 17°C au petit matin, pour se tenir à 22°C en journée. Ce n'est pas assez. Oui, ma pâte a levé, mais la mie, après cuisson, manquait sérieusement d'air. Au second essai, la pâte a passé la nuit non loin d'un radiateur, puis une partie de la journée au soleil. Les 5h de soleil ont été plus bénéfiques que les 8h près du chauffage. La pâte a néanmoins moins levé, mais le résultat était bien plus beau. Bref, il va encore falloir expérimenter des solutions pour que la température idéale pour la levure (25°C) soit atteinte sans que je n'aie à cuire mon pain à 3h du matin (j'ai mes limites!)... le tout en sachant qu'arrivée à l'été, il va falloir recalibrer le tout, pour cause de températures moins pires. C'est la part d'expérimentation que j'aime bien dans la recette! La durée de repos oscille entre 12 et 18h pour la bonne et simple raison que la température ambiante joue vraiment sur l'action de la levure. Une boulangère vivant dans une maison chaude pourra se permettre de passer à l'étape suivante plus rapidement que moi.

Étape 3 : Faire le nombril

Une fois que la pâte a terminé sa longue sieste, tu remarqueras que non seulement elle a pris de l'ampleur, mais qu'en plus, elle fait des bulles et semble molle et collante. C'est bon signe! Alleluia, il est temps de passer à l'étape 3. Saupoudre (généreusement) ton plan de travail avec de la farine, et déposes-y la pâte. De tes petits doigts, tu vas ramener les 4 côtés de ton pâton vers le milieu, pour former un nombril. Ne touche pas plus, moins on manipule, plus le pain sera heureux.

Étape 4 : La finission

Étendre un linge à vaisselle propre et le saupoudrer de la garniture choisie : farine, son de blé (ce pour quoi j'opte actuellement), graines de sésame/pavot/autres. On y dépose ensuite le pâton, nombril vers le bas, et on rajoute éventuellement encore un peu de garniture sur le dessus rond du pâton. Rabattre le linge sur le pâton, et laisser reposer le tout environ 2h.

Étape 5 : La cuisson

450°F. Faire préchauffer le four une demi-heure avant d'enfourner le pain. La cuisson s'opère dans une cocotte émaillée, alors on la fait préchauffer elle aussi! Pour la cuisson, placer (dans mon cas, c'est plutôt laisser tomber pour ne pas se brûler sur les bords de la cocotte) le pâton dans la cocotte nombril vers le haut. Couvrir, et laisser au four pendant 1/2h. Ensuite, ôter le couvercle, pour un dernier 10 minutes de cuisson (environ, c'est juste histoire de faire dorer la croûte).

Étape 6 : L'attente cruelle

 Sortir le pain du four et le laisser refroidir. Ça, c'est une étape apparemment importante, mais que je ne réussis pas encore à passer parce qu'hier, "il faut absolument manger rapidement parce que j'ai une réunion dans une heure" et les yeux de Chéri-Chou ont eu raison du temps de refroidissement. Bref, il parait que ça abîme la mie, mais ça n'enlève rien au fait que le pain soit super bon!

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Essai numéro 2 : Le pain a moins levé, mais yummy!

J'ai trouvé la recette en consultant l'article du blog TPLMOMS, ici : Faire son propre pain, un jeu d'enfant!

Alors au travail, lecteur assidu!


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