Opération lit

Publié le par JulieH

  Bonjour, lecteur plus assidu que l'auteure de ce blog!

  C'est en discutant avec quelques uns de tes amis lecteurs que j'ai compris le pourquoi du blocage dans mon écriture : voici 16 mois que j'ai déposé mes valises au pays de l'or roux (le sirop d'érable), et ce qui au début me paraissait absolument décalé fait désormais partie de mon quotidien. Alors comment garder mon regard d'étrangère? Impossible. Et pourtant, je veux continuer à écrire. Je veux je veux je veux. Ne serait-ce que pour avoir une réponse à fournir lorsque tu me demandes "Alors, c'est quand le prochain article?". Sois heureux, lecteur assidu (oui c'est un ordre), le prochain article, le voici.

  Hier, c'était journée magasinage avec Chéri-chou. L'objectif? Une nouvelle parure de lit. Non pas que l'actuelle soit celle d'un mâle, un pur, un dur, avec des couleurs de mâle, des motifs de mâle et une durabilité qui ferait pâlir d'envie les meilleures marques de parures de lit, mais c'est tout comme. Or donc, une touche de féminité s'est imposée avec la délicatesse du sanglier ardennais fracassant le devant de la voiture qui l'a bousculé tandis qu'il traversait. Grouik grouik. Je m'égare.

  C'est donc chez Sir S. que nous avons jeté notre dévolu, parce que les autres magasins parcourus ne nous ont pas séduits. Arrivés au deuxième étage de ce géant qui vend tout et n'importe quoi (parfums, bijoux, vêtements, appareils de sport, outils de jardinage, jouets, livres, tout ce qui rentre dans une maison ou dans l'abri de jardin, finalement), c'est à la fois l'extase et la déconfiture : il y a un énorme choix. Trop de choix. J'aurais voulu être un artiiiiste avoir un catalogue sous la main pour le feuilleter tranquillement en buvant une piña colada dans l'un des fauteuils de jardin vendus sur place, mais ce que femme veut, Dieu ne le veut pas forcément, et c'est donc armés de notre courage que Chéri-chou et moi avons erré dans les allées de l'espace literie, zigzaguant entre les oreillers, les douillettes, les couettes, les draps plats, les draps housses, les housses de couettes et la zone enfants avec ses petits coeurs, ses Dora l'exploratrice et autres joyeusetés. 

  Je passe le moment de découragement face à tant de laideur, de "bof c'est pas terrible", de "euuuh peut-être?" ou encore de grands silences qui en disent long pour finalement trouver la housse de couette, simple, avec des couleurs neutres. Youpie? Non, c'est pas fini : c'est là que la préposée du rayon intervient. 

  Elle nous apprend que l'épaisseur du matelas a une importance capitale! La couette/douillette et les draps doivent être choisis en fonction de cette épaisseur, sans quoi le rendu du lit ne sera pas beau et le drap housse pourrait ne pas tenir. Clignement d'yeux ahuris et air bête. Quoi? Vous voulez dire que maintenant, il faut veiller à mesurer son matelas pour être sûr que ce qui autrefois était des draps standarts conviennent toujours?! Oui. En réalité, au Québec, la mode est au petit matelas par dessus le gros matelas... ce qui permet de gagner un bon 5 cm d'épaisseur supplémentaire, auxquels il faut naturellement additionner l'épaisseur de la bête qui se joue entre 10 et 16 pouces. Ajoutons à cela un sommier presque aussi épais que le matelas lui-même (oui oui, au Québec on a des lits de princesse), la base du lit et... imagine-toi, lecteur assidu, escaladant ton lit chaque soir et priant chaque nuit pour ne pas tomber de si haut. C'est comme ça au Québec! 

  Conséquences? Le choix du matelas devient un casse-tête, histoire de ne pas se retrouver dans le cas d'une mademoiselle M., contrainte de faire un petit bond pour entrer dans son lit chaque soir. Cela signifie aussi que si on pense changer de matelas dans l'année, il est peut-être bon de remettre à plus tard ses intentions de renouvellement de draps. Mais il en était strictement hors de question! Alors que fait-on?

  On achète quand même, mais pas le drap housse. Plus tard, avec le nouveau matelas, qui sera de taille double, grand double (queen), ou même king. Note bien, lecteur assidu, qu'en optant pour un matelas plus grand, il faudra changer la douillette qui sera du coup trop petite... sans oublier la jupette assortie, parce qu'il faut bien cacher ce sommier si épais, les oreillers dont la taille doit être adaptée, le drap plat qui sera trop petit... Hmpf. Je pense que l'achat du matelas attendra encore un moment. Dormir dans un lit de princesse, c'est tout un art, et la préposée au rayon literie a gagné tout notre respect hier, parce qu'elle, elle connaît vraiment bien son affaire!

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