Vive la région!

Publié le par JulieH

  Cet article est un article réactionnaire. Farpaitement, lecteur assidu! Je suis dans un mood "A poil Montréal, vive les régions!". Cet article est donc une sorte de réponse à celui-là, écrit par et pour les pvtéistes qui s'en vont du côté anglophone de la Force (ce côté où j'ai tenu environ... 5h, pour repartir en courant chez les francophones, tellement gentils et accueillant), et dans lequel la demoiselle explique que le Canada n'est pas le pays des Petits Poneys. Elle a raison : en ville, c'est dur. En ville, j'ai peiné à faire valoir mon petit côté exotique. En ville, je désespérais.

  Et puis un jour, on a mis toutes nos affaires dans un camion, on a rendu les clés de notre 4 1/2 et on a crissé notre camp.

  ... Je vis à 4h30 de Montréal et tandis que j'écris, les nouvelles à la radio le concernent que cette grosse île loin loin. Cogeco nouvelles, il se passe quoi à Québec et dans les petites villes de moins de 5 000 habitants plus proches? Fin de la parenthèse.

  On a donc quitté Trois-Rivières, les amis, les soirées d'été autour du feu, les petites activités culturelles et la supposée possibilité de travailler dans mon domaine (la culture, oui je ratisse large) pour nous installer, Chéri-chou, le chat et moi, dans le Kamouraska. Trois-Rivières, 132 000 habitants et des poussières ; le Kamouraska et ses 17 municipalités : 22 000 habitants. Dépaysement garanti. Bienvenue au pays des Petits Poneys

  La question qui tourne en boucle, c'est "Pourquoi?". Pourquoi ne m'a-t-on pas vendu ce coin de paradis plus tôt? Pourquoi vente-t-on toujours les mérites de Montréal, métropole haute en couleurs, et de Québec, capitale culturelle? Pourquoi oublie-t-on toujours de dire, aux futurs oiseaux migrateurs que sont les pvtéistes, que la Belle Province, ce n'est pas uniquement deux villes et qu'autour, il y a de très beaux coins de pays? 

  Stacause que ça te prend un char si tu restes en région! Oui, en effet. C'est peut-être le gros point noir du tableau, mais il est bien réel : ça prend une voiture pour quitter la maison le matin et aller au travail, ou encore pour faire son épicerie. Le co-voiturage s'envisage, le vélo aussi (mais pas en hiver, tu ne veux vraiment pas aller au travail en bicycle en hiver), faire du pouce itou (parce qu'ici, on a moins peur de se faire sauvagement assassiner si on embarque un pouceux). Mais la voiture devient vite un besoin incontournable. Alors adieu les paillettes? Ça dépend du budget. Une voiture d'occasion (un vieux bazoo) ne coûte pas si cher, et si on considère qu'à partir de 2014, les PVT vont être bons pour 2 ans, ça devient une dépense tout à fait envisageable. De nombreux PVTéistes commettent la grosse erreur de s'installer à Montréal et y passent l'année sans rien voir d'autre que l'île (d'accord, il y a plein de choses à voir, mais Montréal, c'est pas le Québec, et le Québec n'est pas QUE Montréal). 

  Mettons qu'on ait un bazoo... et que tu décides de t'installer en région. La région, c'est plein d'avantages. D'abord, on a besoin de main d'oeuvre : les jeunes ont tendance à quitter le coin pour les études, et n'y reviennent qu'au moment où ils ont des enfants. La population est vieillissante, les entreprises cherchent de la relève. C'est là qu'un jeune PVTéiste entre dans le portrait : c'est du pain béni pour le patron qui se cherche de nouveaux employés! Et puis on va pas s'en cacher, pour beaucoup de jeunes, le PVT c'est la première étape qui mène lentement pas vite à la demande de résidence permanente, demande qui peut être appuyée par un gentil patron (qui n'a pas peur des papiers). Ma région (je ne peux pas généraliser, je ne connais pas les autres) présente donc l'avantage d'avoir besoin de travailleurs, de diplômés, de jeunes. Si l'oiseau migrateur est prêt à se retrousser les manches pour bosser, il l'aura, son emploi!

  A quel prix? Les salaires ne sont pas mirobolants, mais les loyers sont moitié moins chers (au moins) qu'à Montréal ou à Québec. Un 4 1/2 à 400$/mois, ça te fait rêver? Viens en région! Les couples qui rêvent de louer une petite maison avec jardin choupinou seront également comblés. En plus, pour un loyer pareil, tu peux aussi tomber sur des voisins absolument charmants avec lesquels tu boiras une petite bière au bord du feu, ou qui t'inviteront à profiter de leur piscine en été, ou encore qui passeront un coup de souffleuse sur ton espace de stationnement pour te rendre service en hiver. Même Mastercard ne peut pas t'offrir ça!

  Comment trouve-t-on un emploi en région? Facilement. D'abord parce qu'il y a plusieurs services d'aide à l'emploi, services pour lesquels tu n'es pas un numéro mais un être humain dont on connaît le dossier. Les responsables seront d'ailleurs très heureux de t'entendre leur dire "J'ai été engagé(e)!". Vraiment. Il y a également l'option "Je frappe (littéralement) à la porte". Comme premier emploi, les auberges et restaurants sont assez faciles d'accès. Surtout si tu parles un peu anglais. Parce que ce n'est pas nécessairement le cas de ton employeur, lequel ne manquera pas de te donner une lettre de référence voire même d'appeler l'un ou l'autre de ses amis pour t'aider à trouver autre chose, dans ta branche. 

  Tantôt tu disais que la population était vieillissante. J'ai pas envie de me retrouver au milieu de vieux moi! Une chance! Parce que des activités il y en a en masse, et ce n'est pas uniquement le bingo annuel du maire! C'est aussi des soirées traditionnelles, des musées, des festivals (du poulet, du brûlot, de n'importe quoi tant qu'on peut fêter), du sport, autant de prétextes conçus pour rencontrer les gens de tous âges, y compris du tien. Elle est pas belle la vie?Alors d'accord, on n'a pas de boite de nuit, les bars foisonnent peu, mais le Kamouraska est à 1h15 de Québec. La porte à côté!

  La région, c'est donc l'Eldorado? Pas nécessairement, mais c'est une option à considérer sérieusement si les stéréotypes québécois (entraide, gentillesse, partage, simplicité,...) t'intéressent et que vivre en campagne ne te fait pas peur. En plus, tu pourras y faire valoir ton petit côté exotique!

Publié dans Voyage

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Laurent 27/05/2013 22:19


Merci du conseil si je me lance un jour dans le mien de pvt.


 


Pour ce qui est de Montréal qui serait la seule ville à voir ou pour y trouver de l'emploi, c'est l'éternel problème de la capitale (politique, économique, culturelle, etc.) qui fait oublier le
reste du pays. On peut dire la même chose pour New-York et Washington vs le reste des USA, pour Paris vs le reste de la France, Londres vs la GB, etc. Quant à celui qui se risquerait à réduire la
Belgique à BXL, il peut déjà préparer son enterrement!