Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 21:20

  Je t'ai abandonné dans le petit phare de Saint-André il y a quelques jours... et il est temps de se remettre en route, lecteur assidu! J'espère que tu as pris le temps de faire une petite balade par-dessus les aboiteaux. Tu ne sais pas ce que sont les aboiteaux? C'est une spécialité de la région : une sorte de digue avec un système de clapet mobile, qui s'ouvre à marée basse et se ferme à marée haute, et qui permet à la fois d'éviter l'inondation des terres à marée haute (oui, le fleuve connaît des marées quotidiennes) et l'évacuation des eaux de pluie ou provenant de la fonte des neiges. Il y a deux ou trois ans, on a découvert que les aboiteaux n'étaient plus assez hauts lors d'une super marée qui a inondé une partie du village. Ils vont donc être surélevés cet été d'un bon mètre, histoire d'éviter d'autres catastrophes.

  De Saint-André, on reprend donc la route vers Saint-Alexandre de Kamouraska, charmant petit village où l'on retrouve une personnalité importante pour la région : Marie-Alice Dumont. Sa maison se trouve au coeur du village : en remontant la rue principale, tu ne pourras pas manquer, sur la gauche, cette grande verrière qui se trouve être l'atelier de photographie de Marie-Alice. Née en 1892, c'est la première femme photographe de métier dans la région. Sa santé trop fragile en fait une femme qu'on ne marie pas. Son frère lui offre un appareil photo, un peu de matériel, un bouquin... et c'est une auto-didacte qui s'en va se perfectionner petit à petit. Elle est active dans son studio de Saint-Alexandre entre 1920 et 1961, d'où sortent des photographies d'hommes, de femmes, d'enfants, mais aussi de paysages et de scènes de la vie quotidienne. Décédée en 1985, elle laisse derrière elle un fonds photographie de près de 10.000 négatifs, trésors documentant la vie de la région. Ce fonds est disponible en ligne.

  Pas le temps de nous arrêter plus longuement, en route vers Sainte-Hélène... Une belle balade avec des champs, des bois, des caburons, le fleuve... ça respire fichtrement! Mais attention, on tourne avant Saint-Hélène pour remonter vers Saint-Joseph-de-Kamouraska, village jeune où la grange à dîme a gagné l'année dernière le concours Historia, et un prix de 20.000 $ pour sa restauration. Qu'est-ce que c'est? Une grange où la dîme (1/26 des récoltes) était stockée pour faire vivre le curé. Construite en 1922, elle est l'une des quatre dernières encore sur pieds, et en bon état. Elle devrait être transformée en lieu de culture. 

http://images.lpcdn.ca/435x290/201012/23/225935-grange-ete-construite-1922-coups.jpg (photo Historia)

  On ne s'attarde pas, bien qu'il y ait encore des choses à dire... Je m'en occuperai quand tu me rendras visite. Demi-tour, direction le fleuve en ligne droite... jusqu'au rang du Mississippi, sur la gauche. L'un des plus beaux coins à rouler, à vitesse basse pour prendre le temps de savourer le paysage... et la beauté des maisons. Le rang relie Saint-André et Saint-Germain par les terres. Saint-Germain, parlons-en! Son église a été érigée sans l'accord de l'évêque, qui refusait d'envoyer un prêtre, lequel aurait confirmé le statut de paroisse du village. Les habitants, têtus, pensent lui forcer la main en bâtissant l'église... Manqué, l'évêque refuse. Ultime recours : menacer de passer du côté Protestant de la force... et là, l'évêque cède, un curé est envoyé, victoire pour les habitants! On est en 1893, la paroisse existe depuis 1882.

  De Saint-Germain, en route vers Saint-Pascal, la ville administrative de la région. C'est là qu'on fait un arrêt, au restaurant le Saint-Pascal (comme c'est original!) pour manger une pizza préparée par le chef. C'est là le charme du restaurant (la salle est carrément chouette!) : la carte offre un joli choix de menus, mais aussi une originalité, la composition de sa propre pizza à partir d'une vaste liste d'ingrédients. Si l'inspiration n'est pas là, refourgue le choix cornélien au chef, lecteur assidu, tu n'en seras pas déçu! C'est toujours différent, et apparemment toujours très bon. Attention, au Québec on mange tôt (18h, c'est presque tard). En arrivant à 19h voire 20h, ne t'étonne pas si la salle est pratiquement vide. En réalité, tu arrives tard.

  En quittant Saint-Pascal, direction Saint-Pacôme, jette un oeil sur la gauche pour admirer la petite (mais grosse) chute aux perles. Elle doit son nom au fait que jusque dans les années 70, on trouvait des huîtres perlières dans la rivière. Légende? Traverse Saint-Philippe-de-Neri, véritable carrefour entre l'autoroute 20, le fleuve, la 132 et la route qui file droit vers les États-Unis, et continue jusqu'à Saint-Pacôme, charmant petit village qui offre, du haut de son mont de ski, un superbe panorama sur la région, et sur quelques uns des villages que tu as traversés durant ta journée. Une belle façon de clôturer l'expédition... S'il te reste du temps, jette un oeil sur la programmation du cinéma Louise (2 salles, mais toujours des films récents). Si tu as fait l'impasse sur le Saint-Pascal, file jusqu'au Plan B, une patate de luxe où l'on mange comme des rois, et où l'on est reçus comme des empereurs. On s'en reparle dans peu de temps... Personnellement, je l'ai adopté!

Par JulieH - Publié dans : Virées au grand air - Communauté : Vos voyages aux 4 coins du monde
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 15:23

  Le Québec, c'est mon enfer dès que viennent les beaux jours : je suis allergique aux piqûres de moustiques. Et des moustiques, ici, il y en a beaucoup. Trop. Lecteur assidu, arme-toi d'une bonne lotion et de crème pour te soiger, parce qu'ici, les maringouins sont gourmands!

  Les maringouins, l'année dernière, ont été une véritable épreuve de survie. Les averses en mai ont favorisé le climat humide qu'ils aiment tant... Résultat, je n'ai pas compté le nombre de piqûres que la jeune guide en extérieur que j'étais (au milieu d'une plaine d'herbes hautes avec un boisé tout autour) a eu à soigner. Parce que je n'étais pas équipée au début de la saison, j'ai eu droit à une belle frayeur avec une bosse de Quasimodo sur l'épaule en guise de réaction... Et plusieurs jours de Benadryl à haute dose pour m'en débarrasser. Et puis, petite futée que je suis, je me suis souvenue d'un bon vieux truc de ma tante Mimi.

  Ma tante Mimi est québécoise. Ma tante Mimi a des enfants, et se souvient parfaitement des conseils de sa maman. Quand j'étais petite et que je voyageais déjà au Québec, ma tante Mimi m'a soignée avec un truc étrange, rose, qui ne sentait pas vraiment bon, qui laissait des traces sur ma peau mais qui faisait un bien fou : la calamine. Je me souviens être revenue avec un pot complet, mais la sécurité enfants du bouchon m'a empêchée de réitérer l'expérience en Belgique.

  C'est donc d'un bon pas qu'un jour, je suis entrée à la pharmacie, à la recherche de Calamine. C'est au hasard d'un rayon, entre deux trucs super chimiques, que le choeur des anges a retenti : elle était là, sagement posée dans sa petite bouteille rose de 250 mL. L'étiquette me parlait... Lotion calamine avec antihistaminique. Analgésique, anesthésique, antipurugineux topique. Et en plus, pas de bouchon sécurité enfants! Je l'avais trouvée, et je ne m'en séparerais plus jamais.

  Tu divagues, JulieH. C'est quoi la Calatruc?

  La Calamine (merci Wikipedia) est un mélange d'oxyde de zinc et d'oxyde ferrique. D'où sa couleur rosée. La poudre est diluée pour obtenir une sorte de crème fraîche roche qu'on applique là où ça gratouille. Parce qu'elle endort temporairement la douleur ou les démangeaisons, parce qu'elle est fraîche à l'application, la Calamine est aussi bonne pour les coups de soleil que pour les piqûres de moustiques. Résultat : mes piqûres ne gonflent plus, ne chatouillent plus, je ne gratte pas et je guéris vite! Joie, bonheur. En plus, c'est pas cher!

  Mais là, on ne fait que guérir... Comment prévenir?

  En sachant que l'ennemi guette aussi bien à Montréal qu'à Saint-Lin-les-Laurentides, même si la densité varie entre ville et campagne, dûr dûr de prévenir les piqûres. En pharmacie, on trouve toujours des produits de type Off en spray (ça fonctionne 2h, ça tue la couche d'ozone, attention à ne pas suer), Watkins (en crème chimique qui pue, efficace 6h, pas 6h15) et autres. L'important est d'essayer et d'avoir de quoi se soigner en cas de piqûres. Parce qu'un été sans moustique, c'est impossible.

  Jusque quand ça dure, cette invasion? Jusqu'aux premières gelées. Même si le nombre décroit rapidement en septembre, j'ai encore fait des ravages dans les rangs ennemis en octobre. Sadiquement, je me suis dit "Crevez, sales bêtes. Mourez de froid, subissez l'hiver, mouhahaha". Sadiquement, ils sont revenus, hier, sur la terrasse de la patate (baraque à frites, pour les belges). Bilan : 6 morts, 4 piqûres. L'été commence. La Calamine est ma copine.

 

Par JulieH - Publié dans : Petites choses quotidiennes
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 23:57

  L'envie est là depuis le début, mais pendant 14 semaines, j'ai résisté à la tentation. Et puis vendredi, il y a eu la goutte d'eau... que dis-je, le seau d'eau de trop, qui a fait déborder le vase, qui s'est renversé sur mon ordinateur et qui fait qu'aujourd'hui, je ne suis pas contente, lecteur assidu.

  Pas contente pour quoi? Parce que d'un coup, mon Québec de petits poneys gentils et mignons s'écroule. Parce que la démocratie est mise à mal, que la liberté de mes futurs enfants (qui ne sont même pas en voie de conception mais j'anticipe)  en prend un coup, et que j'ai une sorte de goût amer en bouche quand je me dis que le Québec était ma terre promise.

  J'annonce la couleur, avant de développer plus mon commentaire. Je suis contre la hausse des frais de scolarité. Du moins celle qui est programmée par le gouvernement. Il est normal que les frais d'inscription augmentent un peu chaque année, ça l'est moins quand on sait qu'en 2017, ils auront augmenté de 82%. Comment peut-on demander à un jeune de même pas 20 ans de payer plus de 4700$ par an (près de 3600 euros au taux de change actuel) uniquement en frais d'inscription? Salut mon homme. Tu veux faire la communication pour être journaliste? Commence ta vie en t'endettant auprès des banques! En appliquant ça à la Belgique, mes études à moi, en sept ans parce que j'ai recommencé ma première et pris une année en plus pour mon mémoire, m'auraient coûté 32 900 euros. Et là dedans, il n'y a que l'inscription. Joli non? Mais vraiment moins pire que si j'étais une belge aux études au Canada, cas dans lequel on peut alors multiplier par trois au moins les frais.

  Alors que se passe-t-il au Québec? Maintenant que tu connais ma couleur, celle du carré rouge attaché sur le coeur, symbole du refus de la hausse, je vais tâcher de rester plus ou moins neutre et de reprendre grosso modo les choses qui font qu'aujourd'hui, on en arrive à penser que la démocratie est clairement bafouée au Québec. 

  Il y a 14 semaines, l'annonce a l'effet d'une bombe : ces cinq prochaines années, les frais d'inscription vont augmenter progressivement de 325$ par an, histoire de rattraper le retard causé par un gel des frais de scolarité, et de renflouer les caisses des universités québécoises qui manquent cruellement de fonds. Dans cinq ans, s'inscrire à l'université coûtera donc la bagatelle de 4700$ par an. Pour parvenir à payer leurs études, les étudiants ont heureusement droit à des prêts et bourses. Les prêts sont contractés auprès d'une banque, avec un taux d'intérêt très bas, et ne seront remboursables qu'à la fin du 6e mois qui a suivi la fin des études. Cool, y ont d'quoi vivre les étudiants! C'est là que ça coince. Malgré la promesse d'une bonification du programme des bourses, celui-ci n'est ouvert qu'à une minorité dont les revenus sont particulièrement bas. Résultat, la classe moyenne peut se brosser, et manger des pâtes. Reste, heureusement, l'été, époque durant laquelle "on fait du cash en sale" pour payer la suite des études... En priant pour ne pas être pénalisé sous prétexte qu'on a trop gagné en deux mois de travail.

  Il y a 14 semaines, les étudiants se faisaient annoncer qu'ils allaient s'endetter encore plus et ce au profit des banques et des universités. Évidemment, ça ne pouvait pas passer comme une lettre à la poste. Loin de là. Les manifestations ont commencé, et les campagnes visant à permettre à chacun de choisir son camp aussi. Le discours du gouvernement était simple : les étudiants sont des enfants-rois (!!) qui doivent faire leur juste part (!!!). Ils ont une voiture (indispensable pour se rendre à l'université ou sur leur lieu de travail), un téléphone intelligent (Bell ne vend que ça) et boivent régulièrement des bières (on a même fait croire aux gens que si les étudiants réduisaient leur consommation de deux bières par semaines, ils pouvaient économiser de quoi payer l'augmentation), ils peuvent donc supporter cette augmentation qui, finalement, n'est que de 5$ par jour. Ce discours a largement été repris par certains médias, et forcément par une partie de la population, celle qui n'est pas habituée à débattre, et donc à aller chercher des informations dans plusieurs médias aux couleurs politiques différentes.  

  De l'autre côté, il y a les étudiants. Certains sont en plein cursus, ou vont le démarrer. Ont-ils envie de manger des pâtes tous les jours ces 10 prochaines années et de vivre comme des moines, parce qu'ils sont hyper endettés? Non. Il y a aussi ceux qui sont en fin de cursus, les admirables qui manifestent uniquement pour les générations à venir. Ils ont dit non à la hausse, et n'ont qu'une seule façon de le faire savoir : en faisant grève. Au début, c'était un peu anarchique, personne ne savait quoi faire au juste... et puis ça s'est organisé. Certain ont travaillé leur argumentaires, d'autres ont informé, d'autres ont joué au piquet de grève, d'autres ont donné leur temps en bénévolat, pour "faire leur juste part". Certains médias s'y sont naturellement intéressés, et on a vu sortir des chiffres affolant ayant trait à la gestion des universités. Les salaires des recteurs, les primes de départ, les 550 millions du fédéral que le provincial a utilisé à autre chose, finalement tout a été passé au crible. Côté étudiants, il y a aussi les pro-hausse, ceux qui veulent seulement suivre leurs cours et ceux qui s'en foutent complètement. Il faut de tout pour faire un monde...

  Après le gouvernement, les étudiants, le citoyen mal informé, les universités mal gérées et les médias, un nouvel acteur débarque très tôt dans le conflit : le silence. Pendant 9 semaines, le gouvernement refuse le dialogue. Les étudiants demandent, supplient, ordonnent, rien n'y fait. On espère le découragement? Manqué. Le 22 mars, ils sont plus de 200 000 à manifester à Montréal. Et ils ne sont pas tous aux études. Les jeunes marchent aux côtés de grands-parents, des adultes portent leur petit sur leurs épaules tandis que des ados ont demandé un congé spécial à leur école pour manifester. Et malgré celà, c'est porte fermée côté gouvernement.

  Côté médias, on s'en donne à coeur joie. Parce qu'une manifestation pacifique, c'est possible, quand on en arrive à la trentième, il ne peut qu'y avoir de la casse à un moment donné. Jets de pierres, bris de vitrines ou de voitures, les étudiants sont alors diabolisés. De quoi les discréditer facilement. De quoi justifier aussi les interventions policières. Si parmi les manifestants il y a des violents, parmi les policiers aussi. En sortant les gaz lacrymogènes et les flash bombs, ils créent des mouvement de panique. Certains jeunes sont à l'hôpital, deux dans un état critique, deux autres ont perdu chacun un oeil. Sans oublier les coups, les arrestations arbitraires, et le reste. Côté étudiants, l'effet de peur n'agit pas. Au contraire, on s'arme de masques, de lunettes de plongée, de foulards. On est prêts pour l'affrontement, et on diabolise les services de sécurité.

  Entre le gouvernement, les services de police, les citoyens et les étudiants, c'est l'incompréhension totale. Il y a un mur pratiquement insurmontable. On attend le premier pas.

  Le premier pas arrive au bout de 9 semaines de grève. On va parler, d'accord... mais on exclut l'une des associations étudiantes, considérée comme trop extrême. Manque de pot, les délégués se serrent les coudes, dialogue rompu, retour à la case départ... jusqu'à un nouveau pas du gouvernement, qui se traduit par une proposition : on va revoir le système de prêts, et étaler la hausse sur 7 ans (en rehaussant la hausse au passage). Entre-temps, le port du masque est interdit pendant les manifestations, même si celui-ci est supposé protéger le porteur des effets des lacrymogènes. C'est le bal des arrestations et des amendes qui commence.  

  Et pendant ce temps, chez dame Opinion Publique... Les médias continuent de matraquer les gens d'informations diverses et variées. On rapporte le passage à tabac d'un policier, mais on ne parle pas de cet étudiant éborgné. On salue d'un côté la fermeté de notre premier ministre et de sa chère ministre de l'éducation en lisant La Presse, mais en jetant un oeil sur Le Devoir, on s'indigne des moqueries et du manque de considération à l'égard des adultes instruits que sont les étudiants. Chaque jour, c'est une inondation d'informations souvent inutiles, d'un côté comme de l'autre. Le conflit étudiant fait les choux gras de la presse, qui en oublie un autre point essentiel de l'actualité québécoise : le Plan Nord. Les ressources du Québec sont vendues pour des peanuts à des compagnies étrangères sous prétexte que ça va créer de l'emploi et faire revenir de l'argent à la province. Des promesses...

  Une nouvelle réunion est organisée justement le jour du conseil général du parti libéral. Un marathon de 22h pour les délégués des associations étudiantes et les médiateurs qu'ils rencontrent enfin. 12 semaines de grève et de manifestations auront été nécessaires pour qu'on comprenne enfin l'utilité de médiateurs. Dans les prises d'otages, c'est heureusement plus rapide... Ça manifeste toujours, un peu plus calmement d'après les médias anti-étudiants. On patiente, on attend, on espère... et puis on déchante. Durant la réunion, il a été impossible d'aborder le sujet de la hausse des frais. On n revient pas là-dessus, le gouvernement refuse. Par contre, on propose de revoir le système de gestion des universités, histoire qu'on n'accorde plus une prime de départ de 770 000$ à un recteur qui ne fait même pas un mandat complet. Insulte suprême, la ministre n'a pointé le bout de son nez que pendant une petite heure, tandis qu'à son meeting, le premier ministre proposait d'envoyer les étudiants qui ont besoin d'argent combler les postes disponibles dans le Nord, "aussi loin que possible". Finalement, l'entente de principe est rejetée. Retour à la case départ... encore.

  On pensait que les mouvements s'essouffleraient, et que la population, usée par la sur-médiatisation du conflit, finirait par faire taire les étudiants. C'est le cas pendant le brunch, dans certaines familles. Le sujet, extrêmement grave (on s'entend que le gouvernement refuse de dialoguer avec une tranche importante de la population), devient une source de conflit chez certains, tandis qu'ailleurs, on se serre les coudes. Les manifestations, depuis plusieurs semaines, se teintent des cheveux gris de grands-parents, des rose bonbon des blouses d'enfants, du brun des vestons des professeurs, du bleu des yeux des mamans inquiètes pour leurs enfants qui manifestent. Le conflit touche toutes les générations...

  Arrive le moment où le gouvernement craque. Lassé d'appeler les étudiants à retourner en cours, lassé de menacer d'annuler les sessions (on sait très bien que ça ne se fera pas compte tenu du bordel que ça causerait), le gouvernement durcit sa ligne de conduite et promulgue la loi 78 qui sonne le glas de la démocratie. Au-delà du blocage de la grève, la loi permet de larges interprétations. Elle stipule en effet que toute personnes ou groupe qui "par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre personne à commettre une infraction visé par la présente loi commet lui-même cette infraction" et s'expose à des amendes salées. Désormais, indiquer sur son compter Twitter qu'une manifestation se tiendra tel jour, à telle place, reviendra, selon le bon vouloir dea autorités désignées comme compétentes, à devenir soi-même un organisateur de la manifestation en question. On risque donc de recevoir une belle amende en cas de grabuge... Et voici dame Liberté d'expression et demoiselle Liberté de manifester salement violées. Demain, à l'usine, des employés mal payés ne pourrons plus faire de manifestation spontanée : ils devront prévenir la police au moins 8h à l'avance de l'itinéraire qu'ils prévoient de faire (trois tours de la cour de la shop?), et pourront manifeser si la police les en autorise. 

  On peut être contre les manifestations des étudiants. On peut être fatigués de lire les médias et d'entendre Jean-Luc Mongrain faire du sensationnalisme chaque midi sur le dos des manifestants. On peut être tannés de voir du rouge partout. Mais on ne doit pas ignorer cette nouvelle loi, promulguée pour faire taire 175 000 étudiants officiellement en grève, ainsi que ceux qui les épaulent. Plutôt que de s'ouvrir au dialogue, plutôt que de tenter d'apaiser les choses, on a clairement lancé de l'huile sur le feu... pour atteindre un point de non retour. Dans mon monde à moi, on n'est pas loin du totalitarisme. 

  Pour reprendre les mots de mon oncle, "j'ai mal à ma démocratie".

 

  Côté médias, pour suivre l'actu :

  LaPresse.ca, contre les étudiants.

  TVANouvelles.ca, les sensationnalistes.

  LeDevoir.com, revendique sa liberté de penser.

  Pour le reste Wikipedia donne une bonne chronologie des évènements

 

  NB :

  Les articles sur le sujet donnent souvent lieu à des montées de lait, quel que soit son camp. Je me garde donc le droit de ne pas valider tout commentaire grossier, irrespectueux et non constructif. Je suis totalitaire sur mon blog et c'est ma joie.

Par JulieH - Publié dans : Petites choses quotidiennes
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 01:06

  Deux réflexions ce soir, avant de reprendre le tour du Kamouraska.

  1) Tous les Canadian Tire ont la même odeur, peu importe leur location. Y entrer, c'est être envahi par une odeur de pneu neuf. Or, au PifPaf, on ne vent pas que ça. On vend aussi des guimauves pour le feu, des batteries de cuisine, des balles de golf, des parasols et des bottes de caoutchouc. Autre point commun, au Pifpaf, on trouve toujours ce qu'on cherche. Objectif atteint, aujourd'hui.

  2) Concernant les commentaires sur ce blog, lecteur assidu il va falloir m'aider : tu m'aiderais grandement en posant des questions. Parce que comme je le disais récemment, mon point de vue de belge s'est franchement québécisé... et j'ai du mal à garder cette pointe de "une foé" au milieu de ce monde de caribous! 

 

  A plus tard pour la suite du voyage :)

Par JulieH - Publié dans : Divers
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 19:35

  Et voilà, j'ai roulé ma bosse ailleurs qu'à Trois-Rivières. Lecteur assidu et visiteur occasionnel, me voici opérationnelle pour répondre à la myriade de questions qui t'amènent chaque semaine à ce blog.

  Aujourd'hui, je réponds à la question de madame X, de monsieur Y et du petit W (eh bah non, je ne sais pas qui tape ça dans la barre de recherche de Google, mais je sais que ces gens arrivent ici de cette façon) : on fait quoi dans le Kamouraska? on fait quoi à La Pocatière? On s'en était déjà parlé précédemment, et pour ceux qui ont besoin qu'on leur rafraîchisse la mémoire, consultez cet article.

  Cette fois, on va détailler un peu plus le sujet. J'ai eu l'occasion de voyager à plusieurs reprises dans le Kamouraska, j'ai fait le tour de pratiquement toutes les petites municipalités, et je l'ai fait visiter tandis que Chéri-Chou pilotait Titine, la voiture d'enfer.

  Si on a une petite journée seulement à accorder à cet endroit merveilleux, on court. Le mieux, c'est de prendre au moins une fin de semaine, histoire de profiter de l'endroit sans stress. Mais allons-y pour une journée.

  En venant de Québec, le premier endroit qu'on visite, c'est La Pocatière... et on s'arrête aux Pâtisseries et Gourmandises d'Olivier histoire de faire plaisir à notre petit estomac. Petits gâteaux, macarons et autres ravissements pour les papilles attendent sagement qu'un gourmet gourmand les achète. Personnellement, j'ai totalement fondu sur le cake au citron, qui est une tuerie! Ensuite, histoire d'éliminer les calories déjà absorbées (soyons honnêtes, lecteur assidu, le Kamouraska c'est aussi une affaire de papilles!), on se dirige vers la montagne du collège et son fameux escalier de la Trinité. Souffle court et crampes de mollets garantis à l'arrivée. Je n'ai pas compté les marches, j'étais trop occupée à maudire ma non-condition-physique... Mais c'est à faire, pour le panorama auquel on a droit à l'arrivée. Véritable récompense, la vue est splendide et annonciatrice d'une magnifique journée.

  Mais reprenons la voiture pour nous diriger vers Rivière-Ouelle. Ce petit village a vu sa popularité exploser suite au passage de Sophie à la Star Académie québécoise. Depuis, la crémerie est fort prisée. Il parait même que sous la pression de la demande, elle a été ouverte presque deux mois avant l'ouverture officielle. Mais à Rivière-Ouelle, c'est surtout l'architecture des vieilles maisons qui séduit... et les tourbières, un régal pour les yeux. Ouvre grand les fenêtres de la voiture, lecteur assidu, ici, ça respire!

  On continue notre chemin jusqu'à Saint-Denis-de-Kamouraska, un village à deux pôles : le pôle des habitants et celui des villégiatures. Côté villégiature, on est en bord de fleuve et, même si la vue est belle, les maisons sont moches. C'est dommage, mais c'est l'effet pervers du tourisme dans toute sa splendeur : les petites maisons sont à vendre (très très cher), la petite chapelle n'est ouverte que 3 mois par an, et surtout, il n'y a pas d'âme... tout l'inverse du village plus haut dans les terres! Et justement, par là, il y a des choses à voir. Le personnage marquant, il est statufié devant l'église. Ce bon Ed, Édouard Guertin pour les intimes, curé au milieu du XIXe siècle, a frappé les mémoires par divers miracles et extravagances liées au prêtre de la tempérance qu'il était. On y reviendra peut-être sur un prochain article, c'est du bonbon! Juste à côté de l'église, la maison Chapais, du nom de son propriétaire Jean-Charles Chapais, père de la Confédération canadienne (rien que ça!). Celle-ci est visitable, et je crois pouvoir dire qu'elle vaut le détour. 

  Et c'est reparti pour une route effrénée jusqu'à Kamouraska, ou tu te stationnes en face de l'église. C'est le moment de faire ses emplettes, parce qu'il est midi et qu'on a faim. Un rapide passage à l'atelier de Pierre Brouillette si l'envie de t'offrir un beau bijou te prend, et sinon côté fringale, deux possibilités : la boulangerie Niemand, dont on a parlé dans un précédent article, ou alors le Jardin du Bedeau, mon préféré! Il s'agit d'une épicerie fine, où l'on déniche des petits trésors d'épices, herbes séchées, vinaigres, huiles, de produits du terroir et autres petites choses qui font du bien à l'estomac. C'est également là que tu trouveras la Tomme de Kamouraska et le Vlimeux, deux excellents fromages de la Fromagerie du Mouton Blanc, basée à La Pocatière. Le tarif les concernant est un peu cher, mais ils valent le détour... tout comme les saucisses sèches du Cochon fou, disponibles également au Jardin du Bedeau. Ensuite? On traverse directement vers la poissonnerie, où l'on s'achète un filet de truite fumée au poivre... un délice! L'occasion aussi de goûter à la spécialité locale : l'anguille fumée. 

  Et on reprend la voiture, pour filer droit vers Saint-André de Kamouraska, avec un arrêt au berceau de Kamouraska, là où tout a commencé ou presque. Restent les vestiges des deux églises et du cimetière, où plusieurs familles-souches ont été mises à l'honneur. Quelques panneaux explicatifs se trouvent sur le site, ouvert en tout temps. Mais la route est belle et on poursuit, en passant non loin de la SEBKA. Pour les amateurs de grimpe, l'endroit est fabuleux et mérite qu'on s'y arrête longuement. Pour les amateurs de bière, c'est également sur la 132 qu'on trouve la brasserie Brueghel, tenue par un anversois. On traverse presque au complet le village de Saint-André pour tourner sur la gauche, sur le chemin du quai. Se stationner, sortir les provisions du coffre et marcher tranquillement vers le petit phare en profitant de l'air salin amené par un vent souvent fort. Le phare est ouvert en permanence, on demande simplement aux visiteurs de le laisser propre et en bon état. Des produits de nettoyage sont laissés à disposition.

  La suite? Dans le prochain article!

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Par JulieH - Publié dans : Virées au grand air - Communauté : Vos voyages aux 4 coins du monde
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